L’Assemblée nationale a adopté, de manière définitive, le projet de loi ordinaire et le projet de loi organique relatifs à la Confiance dans la vie politique au début du mois d’août​ ​2017.

Les deux textes s’inscrivent dans la continuité des réformes engagées par les précédents gouvernements tout en ayant pour ambition d’aller plus loin. L’objectif est d’accroître l’efficacité et l’effectivité de la transparence de la vie politique et de garantir la​ ​probité​ ​nécessaire​ ​à​ ​l’exercice​ ​de​ ​cette​ ​dernière.

❖ La​ ​fin​ ​des​ ​emplois​ ​familiaux

Les textes prévoient la fin de la pratique des emplois familiaux. Ainsi,les parlementaires et membres du Gouvernement ne pourront plus compter parmi leurs collaborateurs certains​ ​membres​ ​de​ ​leur​ ​famille​ ​ou​ ​de​ ​leur​ ​entourage​ ​tels​ ​que​ ​:

  • Leur​ ​conjoint.e,​ ​partenaire​ ​lié.e​ ​par​ ​un​ ​pacte​ ​civil​ ​de​ ​solidarité​ ​ou​ ​concubin.e
  • Leurs enfants et les enfants de leur conjoint.e, partenaire lié.e par un pacte civil de​ ​solidarité​ ​ou​ ​concubin.e
  • Leurs parents et les parents de leur conjoint.e, partenaire lié.e par un pacte civil de​ ​solidarité​ ​ou​ ​concubin.e

Les parlementaires devront informer le bureau de l’Assemblée et l’organe de la déontologie parlementaire tandis que les membres du gouvernement, pour leur part, devront prévenir la Haute autorité pour la Transparence de la vie publique lorsqu’ils recrutent​ ​:

  • Leur frère ou leur sœur, ou le/la conjoint.e, partenaire lié.e par un pacte civil de solidarité​ ​ou​ ​concubin.e​ ​de​ ​celui-ci​ ​ou​ ​celle-ci​
  • L’enfant de leur frère ou de leur sœur ou le/la conjoint.e, partenaire lié.e par un pacte​ ​civil​ ​de​ ​solidarité​ ​ou​ ​concubin.e​ ​de​ ​cet​ ​enfant​
  • Leur ancien.e conjoint.e, la personne ayant été liée à eux par un pacte civil de solidarité​ ​ou​ ​leur​ ​ancien.e​ ​concubin.e​
  • Les​ ​enfants,​ ​les​ ​frères​ ​ou​ ​les​ ​sœurs​ ​des​ ​personnes​ ​susmentionnées​

❖ La suppression de la réserve parlementaire et de la réserve ministérielle

Les deux textes que nous avons adopté ont également mis fin à la réserve parlementaire​ ​et​ ​à​ ​la​ ​réserve​ ​ministérielle.

La réserve parlementaire était un ensemble de subventions d’Etat. Ces dernières étaient votées et modifiées à l’occasion des lois de finances et des lois de finances rectificatives. Elles permettaient aux parlementaires de soutenir des investissements de proximité décidées par des collectivités locales ou des activités mises en place par des associations. Sa gestion et la répartition des sommes à ces dernières étaient laissées à la​ ​discrétion​ ​de​ ​l’élu​ ​parlementaire.

Selon nous, la République en marche, ce pouvoir discrétionnaire est obsolète. Nous estimons effectivement que les élus parlementaires n’ont pas à distribuer des sommes d’argent​ ​pour​ ​garder​ ​un​ ​lien​ ​avec​ ​leur​ ​circonscription.

Pour sa part, la réserve ministérielle était un ensemble de subventions allouées par le ministère de l’Intérieur à certaines collectivités, lorsque ces dernières en faisaient la demande. Le bureau du cabinet du ministre sélectionnait ensuite les projets à subventionner​ ​dans​ ​une​ ​limite​ ​de​ ​200​ ​000​ ​euros​ ​par​ ​dossier.

Nous avons décidé de mettre fin à cette réserve, estimant qu’elle ne répond pas à des exigences​ ​de​ ​transparence.

❖ L’inéligibilité​ ​en​ ​cas​ ​de​ ​manquement​ ​à​ ​la​ ​probité 

Promesse de campagne essentielle et qui nous tenait à cœur : l’inéligibilité en cas de manquement à la probité est inscrite dans la loi. Ainsi, les candidats et élus seront déclarés​ ​inéligibles​ ​en​ ​cas​ ​de​ ​crime​ ​ou​ ​d’infractions​ ​traduisant​ ​un​ ​manque​ ​à​ ​la​ ​probité.

Cette peine d’inéligibilité sera inscrite au casier judiciaire de la personne mise en cause. Cela permettra aux acteurs concernés d’établir toutes les vérifications nécessaires lors de​ ​toute​ ​candidature​ ​à​ ​une​ ​élection.

❖ La​ ​suppression​ ​de​ ​l’IRFM  

L’indemnité de frais de mandat, couramment appelée IRFM, a été écartée avec les textes que nous avons adopté. Un nouveau système de prise en charge de ces frais de mandats​ ​est​ ​mis​ ​en​ ​place.

L’IRFM permettait aux élus parlementaires de couvrir les frais relevant de l’exercice de leur mandat, tels que la location de leur permanence en circonscription ou encore leurs déplacements.

L’Assemblée nationale et le Sénat, par leur règlement intérieur, détermineront les règles relatives​ ​au​ ​remboursement​ ​de​ ​frais​ ​de​ ​mandat​ ​des​ ​élus.

❖ Prévention​ ​des​ ​conflits​ ​d’intérêt

Autre volonté importante de notre majorité : prévenir plus encore les conflits d’intérêt. Désormais, les députés ne pourront plus commencer à exercer une fonction de conseil une fois élus. Il leur sera désormais impossible de poursuivre cette activité si elle a débuté dans les “douze mois précédant le premier jour du mois de son entrée en fonction”.

La fourniture de prestations de conseil à des sociétés est désormais prohibée, comme celle de conseil à des gouvernements ou autorités administratives étrangères. Les députés se voient également interdire l’exercice de l’activité de représentant d’intérêts. Cette interdiction s’étend aux collaborateurs du président de la République, du gouvernement,​ ​des​ ​parlementaires​ ​et​ ​des​ ​groupes parlementaires.

Les textes que nous avons défendus et adoptés permettent la mise en place d’un registre public “recensant les cas dans lesquels un parlementaire a estimé devoir ne pas participer​ ​aux​ ​travaux​ ​du​ ​Parlement​ ​en​ ​raison​ ​d’une​ ​situation​ ​de​ ​conflit​ ​d’intérêts”.

 

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